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Frank Woeste

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Né à Hanovre en 1976 dans une famille passionnée de musique, Frank Woeste a déjà touché à tous les instruments à 10 ans : batterie, guitare, basse, accordéon, clarinette et surtout le piano, dont il perçoit très vite toute l’amplitude harmonique, mélodique et rythmique. En famille, il improvise déjà avec son père, sa soeur et un voisin jazzman qui lui enseignera ses premiers rudiments. Très tôt, donc, Frank grandira avec son double bagage, classique et jazz. Le classique, pour sa rigueur, « pour jouer du piano et ne pas être joué par lui », le jazz, pour son goût pour l’impro. Quand il partira au Conservatoire de Brême pour faire ses classes, il passera d’ailleurs ses nuits dans les caveaux du coin pour improviser avec les jazzmen. Normal pour un musicien qui considère que les frontières entre les genres sont loin d’être hermétiques.

Plus tard, en 1997, Frank arrive en France pour achever sa formation dans la section jazz du Conservatoire de Paris, et ne repartira plus. Frank, qui a désormais trouvé des compagnons d’aventure, puisés dans le très éclectique vivier parisien de musiciens de « tous bords ». De quoi satisfaire son esprit « chercheur » : Frank s’est fait un nom dans le milieu grâce à son talent au piano, mais aussi au Fender Rhodes, dont il triture les sons grâce à des effets analogiques poussés dans ses derniers retranchements.

Des qualités qui l’auront amené à fréquenter les plus grands musiciens français et internationaux : il a joué entre autres avec Ibrahim Maalouf, Médéric Collignon, Dave Douglas, Mark Turner, Larry Grenadier, Clarence Penn, Stefano di Battista, Nasheet Waits, Michel Portal, Ben Monder, Justin Brown, Flavio Boltro, Rosario Giuliani, Magic Malik, Gretchen Parlato, Ira Coleman entre autres. Il a aussi eu l’occasion d’accompagner des artistes tels qu’Oxmo Puccino, Juliette Greco, Mathieu Chedid.

POCKET RHAPSODY

Depuis la sortie de Double You ( WorldVillage / Harmonia Mundi,) album qui lui a valu d’être nommé aux Victoires du Jazz en 2011, Frank Woeste a passé la plupart du temps en tournée, à voyager dans le monde entier. La musique de « Pocket Rhapsody » a été composée sur la route et pour la route : Pocket Rhapsody est une invitation au voyage -une bande sonore pour un road trip.

Pour réaliser son album, Frank Woeste a fait appel à un casting idéal. Le piano et les claviers de Frank Woeste et la batterie de Justin Brown constituent la fondation de l’album, avec le choix de Frank de jouer la basse lui-même au synthé « moog »
S’y ajoute Ben Monder à la guitare, sur quelques morceaux ; Sarah Nemtanu (violon) et Gregoire Kornilluk (violoncelle) amènent l’album vers un son plus orchestral.

Finalement sont invités Ibrahim Maalouf et Youn Sun Nah, des partenaires de longue date. Ibrahim pose sa trompette envoûtée sur les titres « Nouakschott » et « Moving light ».Youn Sun Nah enchante « The Star Gazer » dont elle signe aussi les paroles. Des compositions au croisement du jazz contemporain, de la musique classique et de la pop, des arrangements somptueux et une entente harmonieuse entre tous les acteurs.

DADA PEOPLE

Dans les années d’entre-deux guerres, le mouvement Dada a mis en question, altéré, voire miné l’idée d’art en général. Un siècle plus tard, le trompettiste Dave Douglas et le pianiste Frank Woeste tirent leur inspiration de cet « art de la réinvention », avec leur album collaboratif "Dada People" .

Sans doute aucun autre artiste mieux que Man Ray incarne les juxtapositions instables de Dada. Français et américain, commercial et avant-gardiste à la fois, juif de naissance et mystérieux par dessein, Man Ray personnifie les conflits de personnalités et d’attitudes qui ont fini par définir l’art au siècle dernier. Dans la préface de l’album, Douglas définit Man Ray comme «l’imposteur ultime ». Né Emmanuel Radnitzky à Philadelphie dans une famille d’immigrants russes juifs, il arrive à Paris en 1920, changeant son nom et effaçant son héritage, l’antisémitisme régnant en Europe à l’époque. Ses oeuvres traversent les disciplines, incluant peintures, photographies et sculptures - et les fameux « readymade» dans le style du père fondateur Marcel Duchamp – ces objets ordinaires réinterprétés en oeuvres d’art.

Faisant un pont trans-atlantique grâce au soutien du French American Jazz Exchange, Douglas et Woeste explorent ces concepts à travers la lentille du 21è siècle, formant un quartet de rêve avec le bassiste Matt Brewer et le batteur Clarence Penn.

En rassemblant un pianiste français et un trompettiste américain, Dada People raccorde immédiatement Woeste et Douglas aux identités insaisissables de Man Ray. Ces identités sont aussi suggérées par la manière dont la musique des deux compositeurs est, comme l’art de Man Ray, à la fois accessible et expérimentale, explorant le spectre des possibilités offertes par la transposition de l’art visuel en son.

A l’origine, les deux compositeurs se sont rencontrés quand Douglas est venu travailler pour un projet commun avec le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf, un musicien avec lequel Woeste joue souvent. Ils sont restés en contact jusqu’à ce qu’ils trouvent un moment propice pour un travail en commun.
Woeste a suggéré Man Ray comme source d’inspiration, proposition que Douglas immédiatement acceptée. « Ayant lu et suivi depuis des années les dadaistes », dit le trompettiste, « j’étais enthousiaste à l’idée de créer des connections avec eux dans notre musique. »

« Ce que j’ai trouvé fascinant dans le mouvement dadaiste est qu’il a changé notre vision de ce que l’art est ou de ce que l’art peut être », explique Woeste. « Tous ces artistes avaient une immense liberté d’esprit et de parole. En tant que post-surréalistes, nous avons appris à voir le potentiel artistique des objets ordinaires lorsque nous les extrayons de leur fonction première. »