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Manu Katché

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THE SCOPE

Manu Katché a été formé au Conservatoire de musique mais il vient naturellement du rock. L’as des baguettes a beaucoup écouté de jazz mais il n’en a finalement pas tant joué. Les pistes musicales se brouillent encore lorsque l’on entre dans son 10ème album, The ScOpe. Car avec ce nouveau disque, Manu Katché réunit les racines du groove et la modernité des machines. La pochette signée Arno Lam le présente d’ailleurs cadré de profil, « un profil africain », précise Manu - l’Afrique est le fil musical subtil du CD.

Mais cette statue sensuelle, visage de sel éclairé au néon laser, est prête à s’enflammer, puisque Manu Katché vient aussi de la danse, il l’a pratiquée enfant, il danse dans les clubs, « et puis, jouer de la batterie, c’est utiliser ses quatre membres », analyse-t-il.

La batterie est donc au coeur de The ScOpe, un album électro charnel et céleste, frénétique, un chapitre de rupture ou plutôt de prolongement, de plaisir et de renouvellement, ajouté à sa discographie d’expert sollicité entre autres artistes, par Sting, Peter Gabriel, Véronique Sanson. « J’ai composé les morceaux autour de la batterie, je joue de cet instrument depuis toujours. J’avais envie de voir les gens bouger sur mes compositions, danser, chanter les gimmicks. » 



Pour s’atteler à The ScOpe, Manu s’est imposé des règles d’écrivain, en studio de 10 à 23 heures, avec des breaks et des tâtonnements, pour apprivoiser la ‘’page blanche’’. « Pendant ces périodes de retraite, je n’écoute pas de musique, je laisse mon esprit vagabonder, aller puiser tout au fond de moi. Ensuite, je contacte des musiciens avec lesquels j’ai envie de travailler. » Les complices de toujours ou les nouveaux arrivants forment le quartet de The ScOpe: Jérôme Regard (basse), Patrick Manouguian (guitare) et Jim Henderson (claviers), producteur de musiques électroniques, invité par Yael Naïm à remixer « Older ». C’est sous son vrai nom, Elvin Galland, que le pianiste et compositeur de 26 ans a réalisé The ScOpe. « Elvin et moi avons mélangé mon expérience de musicien de studio et les siennes, croisé nos influences puisque nous appartenons à des générations différentes même si j’écoute, comme lui, les hériters de Stevie Wonder ou Marvin Gaye, que sont Kendrick Lamar, Anderson .Paak.» 



Le disque rassemble des polaroïds, des pensées, des mantras : « mes réactions à ce qui m’ennuie ou me choque, ou me transporte. » Avec la volonté de ne pas couper le lien à l’autre, comme le recommande par exemple le morceau Keep Connexion, sur lequel se coule une kora sereine - un solo écrit spécialement pour Kandia Kouyate - qui percute la flamme d’une guitare. The ScOpe vibre du corps à l’âme et inversement, avec un hymne à l’amour lumineux et planant, Let Love Rule, chanté par Jonatha Brooke, la ballade atmosphérique Don’t U Worry (vocal Kayla Galland) ou Glow à la douceur qui pulse. Tandis que Tricky 98’ illustre l’ascension de champions - le morceau a accompagné l’entrée des Bleus à la U-Arena, en juin dernier, 20 ans après leur victoire à la Coupe du Monde de football.
 


« Les featurings sont importants car c’est une voix humaine qui interpelle les gens, avec sa singularité et ses découpes rythmiques. » Faada Freddy est ainsi le guest de Vice, réchauffant de ses scansions une ambiance hivernale. Et Jazzy Bazz, pose son flow sur Paris Me Manque, invitation à la nostalgie de ‘’P.Town’’, le Paname d’hier, enveloppé d’un bugle déchirant.

 Avec The ScOpe, Manu Katché passe ses émotions au microscope, il analyse l’achimie des sons d’une façon pointilleuse et sonde les êtres en profondeur, tendu vers le même élan d’harmonie musicale et spirituelle. Let’s ScOpe it !