Skip to content

Stefano Di Battista

[English] [français]

STEFANO DI BATTISTA & SYLVAIN LUC
Giù la Testa (Harmonia Mundi / Just Looking)

Avec cet album, Stefano Di Battista et Sylvain Luc s’engagent dans la revisite de musiques de films, en nous faisant partager leur inspiration générée par les versions originales.

Sur certains titres, les thèmes exposés restent clairement identifiables, dans d’autres ils sont suggérés par petites touches et ne prennent en compte uniquement que les quelques notes qui permettent de reconnaître une oeuvre en quelques secondes.

Et la magie opère.

Ils arrivent à extraire de cette substantifique moelle musicale les racines propres à l’improvisation, domaine dans lequel ils sont passés maîtres.

La mélodie originale reste en filigrane dans chaque morceau, elle apparaît et disparaît pour permettre aux interprètes de pouvoir se renvoyer la balle dans des joutes musicales.

Les mélodies sortent des sentiers battus pour devenir des chantiers battus par le vent du soprano soutenu par l’arythmie de la guitare qui impose de brusques changements de rythmes.

Sur certains titres très « propres sur eux » et que l’on pourrait croire convenus, on pense avoir découvert le parti pris musical mais au bout de quelques secondes c’est une deuxième lecture musicale qui se met en place, on se plaît à être surpris en se disant « mais oui comment ne pas y avoir pensé plus tôt ? »

Le jeu de rôles que s’imposent les deux protagonistes est celui du chat et de la souris qui se courent après, marquent l’arrêt et repartent pour mieux rejouer.

L’ensemble est soutenu par deux autres compagnons de jeu, Daniele Sorrentino à la basse et Pierre-François Dufour à la batterie et au violoncelle.

Ce jeu pourrait être dangereux, il pourrait lasser, mais Stefano et Sylvain ont le talent pour déjouer les pièges des improvisations qui tournent mal.

Si le soprano est utilisé le plus souvent pour son côté suave ou capable de grimper dans les tours, il prend aussi la place occupée d’habitude par le ténor ou l’alto lors de certains phrasés et ce parti pris est maîtrisé complètement.

La guitare quant à elle bénéficie de tous les effets qu’on peut lui donner avec l’acoustique naturelle et limpide mais aussi dans les effets de saturations ou les riffs funky électriques.

Sylvain et Stefano se sont amusés comme des gosses à qui l’on n’interdit rien, le plaisir qu’ils y ont pris est sincère et palpable, il rejaillit sur l’ensemble de l’album.

WOMAN’S LAND

Chaleureux dans ses harmonies, ensorceleur dans ses mélodies, le hard bop de Stefano Di Battista est toujours un régal de virtuosité. Une virtuosité jamais poudre aux yeux que le saxophoniste romain dompte à la perfection. Il y a comme une limpidité miraculeuse, comme une évidence dans le flot de son chant. Un peu plus et il serait tentant de déballer le cliché d’« Il y a du soleil dans ce jazz-là ». Si magie il y a, c’est aussi dans cette faculté à convoquer les anciens ou à ressusciter les plus grands. C’est cette maîtrise du patrimoine jazzistique qui permet à Stefano Di Battista d’insuffler au détour d’une phrase ou au coeur d’un solo, sa touche personnelle, sa musique à lui.

Son nouveau projet : « Woman’s Land », nait du profond désir de Stefano Di Battista de mettre en musique la figure féminine de notre millénaire.
Avec ’Ella’, c’est bien sûr la chanteuse Ella Fitzgerald qui est évoquée ; ’Valentina’ raconte l’histoire de Valentina Tereskova, la première femme cosmonaute ; ’Molly’ est un portrait de Molly Bloom, la Pénélope dans le célèbre roman « Ulysse » de James Joyce…
Mais il s’inspire tout aussi bien de Lara Croft ou encore de Coco Chanel !

La plupart de ces morceaux sont conçus par Stefano Di Battista avec la collaboration du grand journaliste musical italien Gino Castaldo (La Repubblica).