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Vincent Peirani

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Vincent Peirani en concert au Café de la Danse le 8 novembre prochain !

Vincent Peirani est un jazzman. Et il maîtrise tout autant la world music, le classique, la chanson française ou le pop. Mais à l’écoute de son nouvel album, on reconnaît que Peirani a fait de l’accordéon un véritable instrument de rock. Sur « Night Walker », Peirani excelle avec un quintette parfaitement rodé, de fantastiques reprises de Led Zeppelin et un son incomparable tous styles confondus.

La notoriété de l’accordéoniste et compositeur dans toute l’Europe ne date pas seulement de la parution de son premier album solo « Thrill Box » en 2012. Dès l’adolescence, Peirani remporte plusieurs prix. Plus tard, « Jazz Magazine » lui décerne le prix « Artiste de l’année ». Le prix ECHO Jazz lui est attribué pas moins de trois fois, la dernière en 2016 pour « Tandem », son album très remarqué en duo avec le pianiste Michael Wollny. Début 2015, le « talent du siècle » (Fono Forum) publie sa première œuvre avec un nouveau quintette : « Living Being » est à la fois le nom de l’album et celui de son groupe composé d’Émile Parisien au saxophone, Tony Paeleman aux keyboards, Julien Herné à la basse et à la guitare électrique et Yoann Serra à la batterie. « Nous étions amis bien avant de jouer ensemble », déclare Peirani, né en 1980 à Nice. « Ce groupe est une affaire de famille. »

Cette famille un peu particulière vient d’enregistrer un deuxième album triomphal : « Living Being II – Night Walker ». « Déjà chez Led Zeppelin, il y avait cette numérotation : "Led Zeppelin I", "Led Zeppelin II", etc. Cela m’a plu. De plus, cet album signifie une sorte de mise à jour : nouvelle musique, nouvelle direction, nouvelle identité. »

Enregistré à Bruxelles en mars 2017 en quatre jours seulement, « Night Walker » présente un quintette encore plus puissant, encore plus radical dans la canalisation de son énergie. Le mixage avec l’ingénieur du son Boris Darley (Peirani : « On se serait cru dans un laboratoire musical ») a duré plusieurs mois, jusqu’à ce que le bon son soit trouvé. Tant dans le jazz que dans la pop, la combinaison des instruments est unique. Chez Living Being, tous les instruments mélodiques sont à pied d’égalité : le Fender Rhodes de Tony Paeleman, tantôt grondant, tantôt aérien, le saxo soprano clair d’Émile Parisien qu’il a cette fois préféré au saxo ténor, et bien entendu le merveilleux accordéon aux multiples facettes du leader qui, à l’inverse de l’album précédent, n’est pratiquement jamais mis en avant.
« Cet album est plus un projet collectif », explique Peirani. « L’accordéon reste encore plus en retrait. Ce n’est que si tu l’enlevais que tu remarquerais combien il manque tout à coup. » L’art de Vincent Peirani, c’est sa rythmique et sa manière de servir la chanson en ajoutant des couches à chaque morceau comme seule une armada de claviers pourrait le faire. Mélancolie de la chanson, majesté du classique, puissance brute du rock - Peirani les unit par sa virtuosité.

Living Being ouvre l’album en douceur, l’interprétation du morceau « Bang Bang » de Sonny Bonno, immortalisé par Nancy Sinatra, est d’une infinie délicatesse. Cette reprise illustre à quel point le saxophone soprano d’Émile Parisien, partenaire musical le plus proche de Peirani, confère aux douze morceaux une légèreté nouvelle.
Sur le morceau « Enzo », aux accents délicats dans un premier temps, Peirani joue de l’accordina, proche du mélodica, et l’on entend le bassiste Herné pour la première fois à la guitare. La puissante version de Peirani de l’aria « What Power Art Thou » issue de l’opéra « Le Roi Arthur » du compositeur baroque anglais Henry Purcell de 1691 préserve la puissance triomphale de l’original, et pourtant elle ne pourrait en être plus éloignée.
« Kashmir to Heaven » est la pièce maîtresse de l’album et se réfère aux célèbres morceaux du légendaire groupe de hard rock Led Zeppelin. Incroyable avec quelle énergie le groupe structure cette mini-suite de trois parties et reste fidèle à l’atmosphère des originaux avec une instrumentation totalement différente - sans aucune guitare.
Peirani explique le choix des reprises par ses préférences personnelles : « Il y a des années, j’avais envisagé un projet solo dans lequel je mélangeais les morceaux de Deep Purple et de Rage Against The Machine. Les morceaux des années 70 m’ont toujours intéressé et chacun de nous dans le groupe aime Led Zeppelin. Il y a tant de matière dans leurs morceaux. Ce qui signifie surtout : des sources d’inspiration pour nous ! ».

Quand Vincent Peirani dit que son groupe aimerait être un « Chamber Rock Music Orchestra », cela fait penser à du « Rock meets Classic » un peu pompeux. Living Being, cette bête de jazz, est tout le contraire. Un petit animal agile, qui se déplace avec une élégance réservée sur tous les terrains, sans jamais s’égarer, mais prêt à tout moment à se transformer en carnivore musclé. « Living Being II – Night Walker », l’album à la délicatesse la plus puissante de l’année, en est la preuve.